St-Feuillien

Mise au verre pour l’équipe Stoquart

À défaut de compter dans ses rangs de grands zythologues émérites, l’équipe Stoquart tient à se montrer curieuse et ouverte d’esprit en élargissant constamment la palette de sujets sur lesquels les différents linguistes se penchent au quotidien. C’est dans cette idée qu’une petite délégation s’est rendue récemment au Roeulx, à deux pas du bureau de Mons, pour découvrir les coulisses de la Brasserie St-Feuillien.

St-Feuillien Brewery

 

De l’histoire de la célèbre entreprise familiale au fonctionnement pratique des technologies de production actuelles, cette visite guidée a été l’occasion idéale de brasser nombre de thèmes souvent évoqués dans le contenu que nous traduisons pour ce client local d’envergure, fier de perpétuer son savoir-faire artisanal. Ces quelques heures d’immersion ont également permis à nos linguistes de glaner de nombreuses informations qui leur seront à coup sûr très utiles pour leur travail à venir : le principe du houblonnage à froid, l’utilité d’une cuve d’empâtage, la différence entre le moût et la drêche, le processus de nettoyage des fûts avant remplissage…

Et pour une imprégnation sensorielle exhaustive, cette visite ne pouvait se conclure autrement que par une dégustation de quelques produits de la maison. Santé !

St-Feuillien Brewery

 

Parlez-vous français, une fois ?

Le français, comme la plupart des autres langues, connaît des variations régionales, plus ou moins marquées selon les régions comparées. Un Marseillais ne parlera pas comme un Parisien, ni un Suisse comme un Lillois. Comparativement aux dialectes de la langue allemande, ces différences restent toutefois négligeables en termes de communication, tout francophone pouvant se faire comprendre sans la moindre difficulté de tout autre locuteur de la langue de Molière. En somme, il existe deux types de différences : l’accent (aucune répercussion sur la traduction), ainsi que le lexique et la grammaire.

En Belgique, les écoles de traduction sont bien évidemment conscientes de ces différences et c’est le français standard européen qui est privilégié, ce qui ne nous empêche pas pour autant de « belgiciser » à la demande. À cet égard, l’influence de la culture française sur la Belgique francophone est telle (chaînes de télévision, magazines, littérature, chansons, etc.) que cela ne représente pas un défi insurmontable pour les traducteurs belges.

Les principales différences se retrouvent dans la vie quotidienne (un torchon est un essuie-vaisselle et une serpillère un torchon), en cuisine (nous mangeons des chicons et non des endives, que nous épongeons à l’aide d’essuie-tout et non de sopalin) et évidemment dans les institutions (les communes belges sont dirigées par un bourgmestre et non un maire), mais sont souvent moins marquées à l’écrit. L’origine des belgicismes est souvent néerlandaise (une des deux autres langues officielles du pays) ou wallonne (langue régionale romane cousine du français).

Enfin, il ne faudrait pas oublier les grands noms belges de la langue française, tels que Joseph Hanse (auteur du très célèbre Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne, récompensé à de très nombreuses reprises, notamment par l’Académie française, et président fondateur du Conseil international de la langue française), Maurice Grevisse (auteur, entre autres, du célèbre Bon usage qui en est à sa 16e édition et membre du Conseil international de la langue française), Marguerite Yourcenar (poétesse, essayiste et traductrice, mais aussi première femme élue à l’Académie française en 1980), Georges Simenon (auteur, entre autres, de la célèbre série Maigret, et dont nombre d’œuvres ont fait l’objet de multiples adaptations en France, notamment avec l’acteur Jean Gabin en tête d’affiche) et Amélie Nothomb (auteure non conventionnelle qui ne cesse de battre tous les records de vente).

D’autres Belges célèbres dans le monde entier ont à leur manière marqué l’histoire de la langue française : Jacques Brel, les scénaristes de bande-dessinée Hergé ou Franquin, ou encore Charles Spaak, scénariste et dialoguiste ayant participé à la création de longs métrages très marquants du début du XXe siècle, tels que La Grande Illusion, parmi de nombreux autres films aux castings de rêve pour l’époque (Louis Jouvet, Michel Simon…). Par ailleurs, dans le domaine du doublage, plusieurs séries d’animation américaines très populaires, telles que Adventure Time ou Regular Show, ont récemment été doublées en français par des équipes très majoritairement belges. Notre célèbre humour teinté de surréalisme n’y est sans doute pas pour rien !

Parlez-vous français ? Plutôt deux fois qu’une !