Financement des entreprises

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Ce soir, je participe à une réunion sur le financement des entreprises en Belgique. Cette perspective a suscité ma réflexion.

En Belgique, comme en France d’ailleurs, et peut-être ailleurs, je trouve que les banques ne jouent pas pleinement leur rôle de soutien aux entreprises.

Je ne dis pas que les banques ne financent plus les entreprises. Au deuxième trimestre 2026, le nombre de nouveaux crédits accordés aux entreprises belges a progressé de 6,9 % sur un an et les montants accordés de 3,3 %. L’encours atteignait 206,2 milliards d’euros fin juin. En revanche, 19,8 % des entreprises considéraient encore les conditions de crédit comme défavorables en juillet, après 26,9 % en avril.

(Source : Febelfin, « Davantage de nouveaux crédits aux entreprises au deuxième trimestre 2026 ».)

Ce que les banques financent — et ce qu’elles oublient

C’est là que se situe ma réflexion : non pas savoir si les banques financent encore, mais ce qu’elles financent, selon quels critères et avec quelle capacité à comprendre des entreprises qui doivent aujourd’hui évoluer beaucoup plus vite qu’autrefois.

Depuis l’avènement de l’IA telle qu’on la connaît aujourd’hui, le rythme du changement s’est encore accéléré. Les pratiques, les outils et parfois les modèles économiques n’évoluent plus en cycles de quelques années, mais de quelques mois, parfois de quelques semaines, voire de quelques jours.

Quand les entreprises n’ont pas des moyens extensibles ou doivent privilégier les économies pour se relancer, investir dans des technologies prometteuses mais à l’évolution très rapide doit se faire avec clairvoyance. Sans soutien financier pour accompagner leur restructuration et leur relance, la pérennité d’entreprises pourtant établies peut être menacée.

Start-up, scale-up et PME : un financement à deux vitesses

Les start-up se multiplient à la vitesse de l’éclair, parfois avec des offres qui ne survivent pas à la sortie de la version suivante d’un LLM.

Si les banques ne sont pas toujours les premiers financiers de ces start-up, ce rôle étant plutôt assumé par des capitaux-risqueurs, elles participent néanmoins aussi à leur financement, probablement de manière plus timorée, par souci de mesure face au risque.

Évidemment, la tentation est forte de soutenir des idées novatrices et prometteuses, mais le tissu entrepreneurial est aussi constitué d’entreprises qui ont fait leurs preuves et évoluent ou s’adaptent à leur rythme, sans se précipiter sur la dernière nouveauté.

Finalement, on parle peu des PME classiques. On entend davantage parler des scale-up, ces start-up survivantes, peut-être encore prometteuses, mais pas encore réellement installées. Les PME classiques, probablement plus « barbantes » ou simplement moins dans l’air du temps, investissent pourtant, bougent, réfléchissent, tentent, déploient, mais avec leurs moyens et leurs difficultés.

La valeur des PME wallonnes et belges : au-delà des chiffres

Le système financier me semble parfois plus à l’aise avec les perspectives de croissance rapide qu’avec la pérennisation d’entreprises existantes qui se réorientent, pivotent et se restructurent.

Le système financier me semble parfois plus à l’aise avec les perspectives de croissance rapide qu’avec la pérennisation d’entreprises existantes qui se réorientent, se repositionnent et se restructurent.

Les banques veulent des garanties. Elles doivent, certes, protéger les fonds qui leur sont confiés. Mais elles oublient parfois de tenir compte du savoir-être, du savoir-faire, de l’ancrage local ou régional et d’un esprit entrepreneurial qui, lui, ne s’est pas éteint.

Accès au crédit : une réalité différente pour les PME

Autrement dit, le crédit existe, mais son accessibilité n’évolue pas de la même manière pour tous. Et lorsqu’une entreprise est plus petite, en transformation ou temporairement fragilisée, la question du financement devient naturellement plus délicate.

Une entreprise se mesure à ses chiffres, à son passé et à son histoire, mais aussi à la volonté de ses équipes d’aller de l’avant et de faire face à l’adversité, pour peu qu’on leur en donne les moyens. Il y a un risque, évidemment, mais il y a aussi des perspectives de maintien de l’emploi, de pérennisation et de relance.

RSE et financement responsable : mesurer autrement

C’est une autre manière de mesurer la valeur d’une entreprise, peut-être plus humaine que strictement financière. À l’heure de la RSE, elle mérite aussi d’être prise en compte.

Il y a des bêtes mourantes. Pour poser un diagnostic juste et éviter de financer à perte ou de prendre des risques excessifs, il faut donc mesurer autrement. Mais jamais personne ne demandera au monde de la finance de remplir un panier percé. Là n’est pas la question.

Il faut simplement ne pas laisser mourir, voire condamner, ce qui peut vivre, et bien vivre, moyennant un soutien temporaire et mesuré. Heureusement, il reste encore quelques acteurs financiers, notamment les Invests wallons, qui assument ce rôle.

Lire les chiffres, oui, mais aussi croire dans les hommes et les femmes qui font vivre les entreprises. C’est en mettant ainsi un peu d’humanité dans le factuel que les institutions financières peuvent pleinement jouer leur rôle, sans pour autant mettre à mal leur propre équilibre.

Mesdames et Messieurs de la finance, n’oubliez pas les humains ni votre rôle sociétal.





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